Grossesse et accouchement

Maison de naissance: le tryptique de mon expérience.

Voici les liens vers les 3 articles que j’ai consacrés à la maison de naissance et à mes 2 accouchements:

 

BONNE LECTURE !

Publicités

Accoucher en maison de naissance (en Angleterre): Récit de notre parcours.

Illustration ThéodoreIllustration de Sophie Pujol

Le « birthing centre »

En Angleterre, les maisons de naissance (birthing centres), contrairement à la France, ont été légalisées et fonctionnelles dans les années 80, non sans mal. Des années de lobbying et de revendications pour une liberté de choix et d’information quant aux 3 possibilités d’accoucher ont précédé cette légalisation.

Le birthing centre peut être attenant ou non à une maternité et il est sous la seule responsabilité de sages-femmes (midwives). Ici, en effet, la sage-femme est LA seule référente que l’on voit lorsqu’on est enceinte. Le gouvernement est à la fois plein de bon sens et pragmatique. Dans 85% des cas, les naissances se passent bien et ne justifient pas  l’intervention d’un obstétricien. De plus, les sages-femmes, comme en France, sont très bien formées et savent poser des instruments comme la ventouse ou les forceps. C’est leur travail: suivre, accompagner, aider à l’accouchement. En Angleterre, elles ont donc une place centrale et de 1er plan. L’obstétricien n’assure que les accouchements par césarienne. Et comme l’acte d’une sage-femme engendre un coût moindre, il est plus intéressant pour le gouvernement de rationaliser la proportion de sages-femmes et d’obstétriciens. Tout le monde y trouve son compte et, en 1er lieu, les parents !

(suite…)

Accoucher en maison de naissance (en France): Récit de notre parcours.

  •  Illustration ThomasIllustration de Sophie Pujol

Avertissement: si vous n’avez pas le temps ou ne souhaitez lire que la partie traitant du jour de l’accouchement, rendez-vous au paragraphe intitulé: Jour J, la triade mère – enfant – père. Sinon, si vous aimez les récits fleuves, c’est parti ! 🙂

Genèse

Il était une fois deux amies, copines depuis la petite section de maternelle. Après le bac, l’une est partie en lettres sup, l’autre en école de sage-femme. Malgré leur séparation géographique, ces deux-là sont toujours restées proches. Et pourtant, au fil des années d’études, les kilomètres n’ont cessé de s’accumuler. D’élève sage-femme, la seconde est devenue sage-femme, a commencé à travailler dans une très grosse maternité, enchaînant les accouchements comme dans une usine, puis un jour, elle est partie explorer le monde. Au fil de ses pérégrinations, elle a exercé son magnifique métier dans des conditions très diverses. Elle a observé, écouté, entendu ces femmes aux cultures différentes de la sienne. Sa pratique a évolué, s’est enrichie de toutes ces rencontres, ces expériences. Elle est revenue dans notre Hexagone le coeur et l’esprit riches de ces nouveaux horizons. C’est tout naturellement qu’elle a commencé une série de formations centrées sur le respect de la physiologie, la gestion de la douleur, l’accompagnement émotionnel et psychologique de la future mère. À ce moment de sa vie professionnelle, un petit être germait en mon sein. Nous avons beaucoup parlé de sophrologie, de chant prénatal, d’haptonomie, de couvade. Elle a joué son rôle d’amie et de sage-femme en m’envoyant 2 livres qui allaient me marquer à coeur et approfondir un cheminement en cours: Au monde de Chantal Birman et La naissance…un voyage de Muriel Bonnet del Valle.

(suite…)

La maison de naissance, une atmosphère inoubliable et incomparable.

maison de naissance Pontoise                                                                                                                  source

Voilà 8 ans que j’ai donné naissance à mon (grand) garçon ! L’occasion de revenir sur cet événement et les mois qui l’ont précédé (ici). Ce retour en arrière est inséparable d’un lieu: la maison de naissance, et de ces personnes extraordinaires qui lui donnent son âme: les sages-femmes.

Pour mes 2 accouchements, l’un en France, l’autre en Angleterre, mon mari et moi avons fait le choix de la maison de naissance (birthing centre, en anglais).

Qu’est-ce qu’une maison de naissance ou birthing centre (en anglais) ?

C’est une structure entièrement gérée par des sages-femmes qui assurent le suivi de la grossesse, le travail, l’accouchement et le suivi post-natal. L’accompagnement est donc global et repose sur un accouchement physiologique, c’est-à-dire, naturel, sans péridurale (ce qui ne veut pas dire que vous êtes complètement masochiste et que vous aimez en baver des ronds de chapeau ! 🙂 Une préparation adaptée pour gérer la douleur vous est offerte. On n’est plus à l’âge de pierre, tout de même !). Seules les femmes ne présentant ni problèmes de santé ni complications durant la grossesse peuvent accoucher dans cet endroit. Pourquoi ? Car il n’y a pas de « médicalisation » de l’accouchement en maison de naissance. Comme son nom l’indique, on se rapproche plus de l’accouchement à domicile que de l’accouchement à la maternité. En cas de complication non détectable et imprévisible (ce qui est extrêmement rare dans cette structure), la maman et le bébé sont transférés dans l’hôpital rattaché à la maison de naissance.

(suite…)

Liste de naissance: essentiels (et superflus !).

Lorsqu’on arrive au milieu de la grossesse, « bébé » se met à rimer avec « poussette », « couffin », « biberon », « siège-auto », « lit bébé », « doudou », « déco de la chambre », etc…

La liste de naissance

cadeau-printempsEt pour subvenir à ces besoins jugés indispensables, un outil magique a fait son apparition depuis plusieurs années: la liste de naissance en ligne ! Sa grande sœur, la liste de mariage, connaissant une prospérité avérée (depuis les années 1950, dans sa version old-fashioned, et depuis les années 2000, pour la version online), le marché s’annonçait juteux. D’autant que les futurs parents, souhaitant le meilleur pour leur bambin, ne lésinent pas sur les dépenses. Comme beaucoup, nous sommes passés par cet outil pour notre premier enfant, sans pour autant tomber dans l’outrance.

Après 9 mois et demi (pour l’aîné de mes enfants) et 3 ans et demi (pour le cadet) de nuits qui n’en avaient plus que le nom, ma vision a bien évolué ! Même les parents, qui ont eu la chance de voir leurs bébés faire leurs nuits vers 4 mois, ont éprouvé cette fatigue qui rend inhabituellement sensible, irritable, moins patient. On peut en arriver à ressembler à ça. 😉 Alors, assurément, si la possibilité m’en était donnée, je modifierais le contenu de cette liste de naissance. Oui, un bébé a des besoins en termes de santé et de sécurité. Non, un tour de lit, un babyphone, un babycook, une déco spéciale pour la chambre, une table à langer 4 en 1, une poussette qui aura fait l’objet d’une étude de marché draconienne avec avis de tous les copains et de leurs connaissances, en plus des avis glanés sur internet, ne me semblent absolument pas nécessaires.

26182

Et l’amour dans tout ça ?

L’essentiel n’est pas là. L’essentiel pour un bébé est d’être aimé et de se sentir aimé, intensément. C’est un besoin vital au même titre que la nourriture et un toit au-dessus de sa tête. La bienveillance, l’écoute active, la douceur sont les principaux vecteurs de cet amour profond qui lie les parents à leur bébé. Et pourtant, lorsque la fatigue s’installe, lentement, insidieusement, elle érode ces piliers de l’harmonie. Lorsque le sommeil vient à manquer, notre disponibilité, notre joie, notre légèreté s’altèrent. L’amour est là, bien présent, mais ses manifestations sont brouillées, moins bien exprimées. Il est prouvé que la privation de sommeil est une forme de torture. Cependant, au sein de nos sociétés si évoluées, les parents sont laissés seuls avec leur épuisement et, parfois, leur détresse. Plus proche de l’extrême fatigue que du burn-out, je me suis accrochée en lâchant prise, en arrêtant d’espérer que mon bébé allait et devait faire ses nuits. J’ai accepté qu’il ait besoin de temps. J’ai accepté d’avancer sur le chemin de ma vie de mère en prenant chaque jour un par un. Le futur n’avait plus d’importance. Seul comptait le moment présent. Avec mes 5 à 6 heures de sommeil nécessaires pour être fonctionnelle, je me suis demandée comment faisaient les mères qui avaient besoin de 8 ou 10 heures…

Ma liste de naissance idéale                                   WishList

Malgré toute cette fatigue, j’ai toujours été reliée à mon bébé et à son grand-frère. J’ai toujours été heureuse d’être mère. J’ai profité de chaque instant passé avec eux. Mais tout aurait été plus facile et harmonieux si nous avions eu une aide jusqu’à ce que nos enfants fassent leurs nuits, que cette aide prenne la forme d’une doula, d’amis organisés en réseau ou d’une femme de ménage. Avec la disparition de la fonction communautaire du village et notre mode de vie trépidant et très ego-centré, les jeunes parents ne peuvent fondamentalement compter que sur eux-mêmes. Le défilé de la famille et des amis, à la naissance du bébé est, au mieux, agréable, au pire, épuisant et perturbant. Dans les deux cas, il n’a pas vocation à aider les parents, à les soulager. Depuis la naissance de mes enfants, des copines ont accouché. En guise de cadeau de naissance, elles ont eu droit à des petits plats faits maison, des huiles de soin bio et une proposition consistant à offrir des heures de mon temps pour emmener les aînés au parc. Le petit dernier a ainsi la chance d’avoir, lui aussi, l’attention de sa maman centrée uniquement sur lui. Les aînés ont, eux, l’opportunité de poursuivre leurs activités de « grands » sans se sentir frustrés ou freinés par le rythme du bébé. Et la maman, avec un peu de chance, peut s’octroyer une petite sieste.

Alors, voici ma liste idéale ! Une liste dont les critères ne reposent pas sur des considérations matérielles mais sur le bien-être, la bienveillance et l’amour. Pour le matériel indispensable, le cercle familial et les amis ont peut-être ce qu’il faut dans leur grenier? Sinon, le troc ou l’occasion peuvent être de bonnes options avant d’aller acheter neuf (ebay, le bon coin, Emmaüs, toutes les boutiques de dépôt-vente)! Ça vous laissera plus d’argent pour l’essentiel.

A. L’essentiel

 maman prenant soin de son nouveau-né1. Chèques cadeaux à utiliser pour une aide à domicile (ménage, courses, repas, périscolaire).

 2. Planning « le relais des amis », soit une liste sur laquelle les amis et membres de la famille, le souhaitant, s’inscrivent pour offrir plusieurs matinées, nuits, week-ends aux jeunes parents.

 3. L’écharpe de portage ou le porte-bébé physiologique (pour ceux que le nouage d’une écharpe de 6 mètres de long rebute !). Le bébé a besoin de contact, et pas seulement au moment de la promenade. N’en déplaisent aux partisans du « tu l’habitues mal », « tu vas en faire un enfant qui sera toujours fourré dans tes jupes ». Euh…d’abord, je suis plus souvent en pantalon qu’en jupe. Une amie sage-femme m’avait parlé de la « bulle de sécurité » dont les nourrissons ont besoin et qui leur permettra, ensuite, si elle est pleinement prise en compte, de se détacher facilement de leur mère, le moment venu. En bref, les bébés portés seront des enfants indépendants et autonomes car ils auront eu leur dose de contact et de réassurance, au moment où ils en avaient vraiment besoin. Vérification à 100% pour mes 2 garçons !

4. Les vêtements pour le portage en extérieur. En effet, lorsqu’il pleut ou qu’il neige, il importe que le bébé soit bien abrité et au chaud. À noter qu’un bébé porté bénéficie de la chaleur corporelle de celui qui le porte, ce qui n’est pas le cas dans une poussette. Nul besoin de l’emmitoufler dans de véritables combinaisons de cosmonaute. Une simple couverture polaire (ici ou ici) et un bonnet bien chaud feront l’affaire. Il ne vous reste plus qu’à vous envelopper, vous et votre bébé, dans un bon coupe-vent, un poncho ou un manteau et vous voilà bien équipés pour le portage, en automne comme en hiver !

B. Le nécessaire pour l’alimentation de bébé et l’hygiène buccale

allaitement1. Si bébé est allaité au sein, il lui faudrait juste une maman reposée et qui mange des repas équilibrés et le plus bio possibles. On en revient donc au A. 1 et 2.

2. Si bébé est allaité au biberon, le choix du biberon en verre avec une housse protectrice en silicone reste le plus respectueux de l’enfant comme de l’environnement. Et il n’y a plus de question à se poser sur la présence ou non de bisphénol A.

3. La brosse à gencives pour bébé et le doigtier autant pour nettoyer que pour masser, mâchouiller et soulager ses gencives. Avis très personnel: je suis horrifiée par le nombre d’enfants de moins de 5 ans ayant des caries et plus encore par les parents qui ne jugent pas utile de brosser les dents de lait de leurs enfants. (étude)

C. Le nécessaire pour le sommeil de bébé

1. Un lit (classique avec les parois en plexi, au sol, simple matelas calé contre 2 murs et entouré d’un dream tubes ou encore ce récent coup de cœur: le dream coracle).

2. Une peau d’agneau (thermorégulatrice et toute douce, elle tient bébé au chaud, en hiver, et lui évite la transpiration excessive, en été. Pour des raisons économiques, privilégiez celle qui peut s’adapter sur le siège-auto. Elle est moins épaisse mais a les mêmes vertus que la peau d’agneau classique. Finis les dos des bébés dégoulinants après  une heure de voiture !)

D. Le nécessaire pour le change

baignoire shantala

1. Les couches (lavables ou jetables, mais bio !). Vous pourriez me rétorquer que « couches lavables » est antithétique de « repos ». Je vous répondrais: Oui, mais… . 😉 Le plus contraignant, concernant les couches lavables, c’est le temps de séchage car elles ne passent pas au sèche-linge (qui, de toute façon, n’est pas très écologique !). Sinon, mettre une couche dans un seau ou dans une poubelle, c’est fait en 1 seconde. Ensuite, mettre une machine de couches et l’étendre, c’est moins de 5 minutes. Après, tout dépend aussi de votre bébé ! Pour mon premier, cette option a très bien fonctionné. Pour mon second, qui tétait plus fréquemment et qui devait être changé toutes les demi-heures pour être confortable, cette option-là a vite été remplacée par les couches jetables bio, car je n’avais pas assez de stock, et la machine à laver n’arrivait pas à suivre le rythme !

2. Du liniment oléo-calcaire (pour nettoyer les parties génitales de bébé) et pour l’appliquer: des carrés de tissu bio lavables ou du coton. Pour les vacances ou les week-ends hors de la maison, il y a aussi ces lingettes. Mais le plus économique et le plus respectueux de la peau de bébé (et de notre planète!) reste le bon vieux liniment.

3. Un baume pour bien protéger les fesses de bébé.

4. Des cotocouches, en cas d’érythème fessier.

5. Un TummyTub  ou baignoire shantala (économique, écologique et très rassurant pour le bébé qui se retrouve dans la même position que dans le ventre maternel). Comme j’ai regretté de ne pas l’avoir découvert, pour notre premier bébé, pour qui les bains dans la petite baignoire ont été source de stress et de panique, les 6 premiers mois !

E. Le nécessaire pour les déplacements en voiture

Le siège-auto évolutif.

F. Le journal de bébé,

pour consigner son quotidien, ses explorations, ses découvertes, des photos de lui, de ce qu’il aime, ses dessins, etc…

Il en existe dans le commerce mais un simple cahier A4 à décorer et à remplir selon vos goûts et vos humeurs reste le plus simple, le moins cher et le plus personnel. En grandissant, mes enfants aiment à se plonger dedans et refont connaissance avec leurs premiers mois sur terre. Un cadeau simple et touchant à offrir à ses enfants.

Les livres de la grossesse pour toute la famille !

Willow tree booksLes livres ont fait très tôt partie de mon univers. Il était donc évident que ceux traitant de la grossesse viennent grossir les étagères de ma bibliothèque lorsque s’est profilé le projet de concevoir un bébé. Dans cette sélection, vous trouverez des livres dont la lecture est préférable avant de concevoir ce bébé, d’autres qui seront des compagnons précieux, une fois le processus engagé et d’autres, plus appropriés, à partir de la naissance. Mais tous m’ont profondément marquée et ont orienté ma vision et mes choix quant à la grossesse, l’accouchement et la naissance. La clé pour s’imprégner de la plupart de ces livres, c’est de les lire et surtout de les relire (il y a toujours des passages qui gagnent en pertinence lorsqu’ils sont lus à un autre moment du processus, ou des phrases que l’on a besoin de relire encore et encore, tels des talismans) !

 

 

 

Au monde - Chantal Birman Au monde, Ce qu’accoucher veut dire. Une sage-femme raconte…, Chantal Birman

Débuter cette rubrique par un livre écrit par une sage-femme me semblait évident car c’est elle qui nous accompagne dans cette aventure. Même si le gynécologue et l’obstétricien semblent occuper le devant de la scène lorsqu’on parle grossesse et accouchement, c’est la SAGE-FEMME qui aide la femme enceinte à jouer le rôle principal.  Au monde est, à ce titre, un excellent ouvrage pour mieux entrer dans l’univers de cette profession et faire connaissance avec cette figure référente. La 4ème de couverture est un bon résumé de ce que vous y trouverez:

(suite…)

La sophrologie

D’après un document remis par la sage-femme qui a assuré le suivi de ma première grossesse.

Le terme Sophrologie vient du grec

  • SOS = harmonie
  • PHREN = esprit

Et aussi de :

  • LOGOS = étude, science
  • SOPHROS = sagesse

C’est donc l’étude de l’harmonie de l’esprit mais aussi de l’harmonie entre le corps et l’esprit.

Selon Caycedo (son fondateur, neuropsychiatre espagnol),

« C’est la science de la conscience et des valeurs de l’existence. »

Autrement dit, ce qui est important pour moi et me rend heureux.

C’est à la fois une école scientifique (qui étudie les différents états de conscience et leurs différents niveaux), et une école philosophique qui étudie la pensée positive, l’intégration du schéma corporel, et la réalité objective. (suite…)