Apprendre l’anglais avec la méthode François Gouin et Charlotte Mason

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Cette méthode faite pour des élèves anglais désirant apprendre le français est parfaitement utilisable en sens inverse.

En effet, les séries conçues par François Gouin sont proposées en anglais et en français. Donc, si l’élève est français, il commence par la série en français pour aller progressivement vers la série en anglais. L’élève anglais, lui, fera le chemin inverse.

speaking French with Miss Mason and François

Pour avoir un peu plus d’informations sur François Gouin, Charlotte Mason et cette méthode, je vous propose cet article  du blog Une année avec Charlotte.

Apprendre une langue pour se relier aux autres

Ce que j’aime dans cette méthode que j’ai découverte il y a peu et que je commence juste à mettre en place, c’est le fait de pouvoir converser dans une langue étrangère assez rapidement. En effet, Charlotte Mason, pédagogue anglaise contemporaine de Maria Montessori, considérait que la langue était bien plus qu’un outil nous permettant d’aller acheter un ticket de bus ou une baguette de pain. L’intérêt premier est de se relier à d’autres familles ne parlant pas la même langue et créer ainsi des liens entre les êtres. Dans un esprit très victorien aussi, elle considérait que chaque individu est l’ambassadeur de son pays lorsqu’il converse avec des personnes originaires d’autres pays. Il se doit donc de véhiculer des idées, une culture, une capacité de raisonnement qui transmettront une image positive de son pays et le représenteront avec fierté et honneur.

Les séries de François Gouin: voir, faire, entendre, dire, raconter, écrire.

Pour ce faire, elle s’est intéressée aux séries de François Gouin.

L’intérêt de ces listes est de se concentrer sur « comment faire quelque-chose » plutôt que la chose elle-même.

Donc, au lieu d’apprendre des listes et des listes de mots sans être capable de construire des phrases avec, ce professeur prenait des situations de la vie courante et les décomposait en une série d’actions.

Cela aboutit à une série très courte de phrases décrivant une action.

Par exemple: Je prends le livre. J’ouvre le livre. Je ferme le livre.

Le tout est fait et dit dans la langue maternelle de l’apprenant. Une fois qu’il a mémorisé et fait ces 3 actions, il apprend les 3 verbes (prendsouvreferme) tout en faisant l’action. Puis, le professeur lui pose des questions visant à ancrer ce qu’il vient de faire, toujours dans sa langue maternelle.

Tout l’intérêt de cette approche est 1/ de mêler le geste à la parole en première intention ! [Le fameux « apprendre en faisant » de Maria Montessori.]; 2/ d’adopter une forme narrative pour chaque série: il y a un début, un milieu, une fin, comme dans toutes les histoires qui sont familières aux enfants. L’élève retrouve donc une structure qu’il a intégrée depuis tout petit et qui fait écho à son univers affectif.

Dans l’introduction à cette méthode, un passage très intéressant a retenu mon attention:

« On sait qu’on a tendance à retenir 10% de ce qu’on lit, 20% de ce qu’on entend et 30% de ce qu’on voit. Mais si on mobilise en même temps la vue et l’ouïe, on retient 40% d’un sujet; si on en discute avec quelqu’un, on en retient 50% et si on enseigne ce sujet, on en retient 90%. En un sens, faire une narration, c’est « enseigner » puisqu’on raconte ce qu’on a appris (« l’histoire ») à quelqu’un.« *

La narration

Cette façon de faire rejoint l’un des principes sur lesquels repose toute la pédagogie de Charlotte Mason: la narration. Plutôt que de copier et de réciter bêtement une leçon, Miss Mason demandait à l’élève de lui raconter, à l’oral et avec ses propres mots, le mythe grec qu’elle venait de lire, par exemple. S’exercer à raconter permet d’être plus attentif à ce qu’on nous lit, ce qu’on nous explique car on sait qu’il va falloir retenir plusieurs informations afin de les organiser pour son récit. On peut le faire avec tous les sujets. C’est le meilleur exercice pour apprendre de manière solide car l’enfant a besoin d’avoir compris ce qu’il a appris afin de pouvoir le faire partager à son auditoire. Impossible de se cacher derrière le par-coeur ! C’est un exercice très complet qui requiert attention, écoute, organisation, élocution, tenue. L’aisance progressive à l’oral induite par un entraînement quotidien permet d’avoir les idées plus claires et mène à une production écrite moins brouillonne.

La structure narrative des séries et les questions posées à la fin de chaque série, dans la méthode Speaking French with Miss Mason and François, s’inscrivent dans ce principe de narration. On demande à l’élève ce qu’il ouvre, ce qu’il fait, ce qu’il ferme. Il doit mobiliser ce qu’il a appris pour répondre à des questions. C’est une mise en conversation.

De la langue maternelle vers la langue à apprendre

Une fois que tout est clair dans sa tête, en français, on passe à l’anglais, en commençant par les verbes seuls, accompagnés, bien évidemment du geste.

Une fois les verbes mémorisés en anglais, on apprend les phrases, toujours en mimant l’action.

Puis, on passe à la série de questions mais en anglais, cette fois.

Avant de passer à la série suivante, il est conseillé de pratiquer cette série en changeant l’objet ! On peut ouvrir et fermer une quantité incroyable d’objets nous entourant: la trousse, la théière, la porte, le tiroir, etc…

Dans la série suivante, les verbes de la série précédente sont réutilisés et un ou 2 verbes nouveaux sont introduits.

Dès la 2ème série, une rubrique « exercices » porte soit sur du vocabulaire, soit sur de la grammaire, le tout visant à enrichir la série apprise. Cette partie n’arrive donc pas tel un cheveu sur la soupe. Elle est réellement connectée à ce qui a été vu et elle est fort à propos.

Écrire

Une fois tout ce travail accompli, et seulement après, il est recommandé d’écrire la série dans un cahier afin de fixer ses connaissances via l’écriture. Tous les moyens pour apprendre sont mobilisés avec cette méthode !

En conclusion

Il y a une réelle progression qui tend à rendre les apprentissages solides et bien construits.

Un conseil: il est important de rendre ces séries vivantes et de les sélectionner aussi en fonction du quotidien de l’enfant et de ses intérêts. « Miss Mason croyait qu’on apprend mieux lorsque le sujet nous intéresse et les spécialistes des neurosciences lui donnent raison »*. Un de mes élèves est passionné de foot, il est évident que la série « I play with a ball. » l’intéressera beaucoup et que je transformerai la série intitulée « I am an artist. » par « I am a football player. » Ce qui, dans nos prolongements et variations, nous ramènera à l’artiste ! L’intérêt, c’est d’accrocher l’intérêt de l’enfant, de rendre vivant et familier ce qu’il apprend. Ensuite, on peut proposer toute une panoplie de variantes sur un modèle de phrases qu’il a bien mémorisé puisqu’il a d’abord été lié à son affectif.

*traduit librement de l’introduction à Speaking French with Miss Mason and François.

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