Pâte à crêpes Charlot !

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La meilleure pâte à crêpes du monde, c’est celle-ci ! Son détenteur, c’est Charlot: feu l’arrière grand-père paternel de mes enfants. Pâtissier bordelais réputé qui a créé la maison Valantin. Sa fille, et marraine de mon mari, m’a transmis cette recette, il y a 2 ans. Depuis, je la transmets, à mon tour, à mes amis qui l’ont adoptée définitivement après l’avoir testée.

Il est temps qu’elle soit transmise à un plus grand nombre car c’est bien là le principe des bonnes recettes: qu’elles réjouissent les papilles de tous et qu’elles nourrissent aussi cette mémoire gustative et olfactive que Proust a le mieux décrite au début de son oeuvre À la recherche du temps perdu.

Il y a déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusais d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt. machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillère du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l’appréhender ?
(Proust, « Combray » in Du côté de chez Swann in À la recherche du temps perdu, p.44 et 45 Quarto Gallimard, édition 1999)

BONNE CHANDELEUR !

crêpes party 03.02.2013-800

 

 

 

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Un commentaire

  1. Oh, merci dites donc, quelle générosité! Comme je te l’ai dis, nous fêterons « les crêpes » demain. J’en profiterai pour essayer cette recette ancienne que tu dis être fabuleuse, miam!!! 🙂

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