Éduquer à la paix: nos outils, livres, sites web, etc…

Ann Mella - Love overcomes

Plus que jamais, éduquer à la paix me semble devoir être la préocupation majeure des parents, enseignants, éducateurs et toute profession en contact avec des enfants.

1. Les pédagogies et l’éducation à la paix

MONTESSORI

L'éducation et la paix - MontessoriDe toutes les pédagogies, Montessori est celle qui a, la première, théorisé et mis en pratique cet aspect fondamental. Le livre, L’éducation et la paix, regroupe toute une série de conférences prononcées par Maria Montessori entre 1932 et 1937. En ces temps bien troublés, cette pédagogue italienne, bien connue de nos jours, n’a cessé de réfléchir à cette nécessité de travailler à la paix en commençant par la base, à savoir: les enfants.

J’aime son approche car elle est pleine de bon sens, de bienveillance et accessible à tous.

Le principe est simple: ne plus faire fonctionner sa famille ou l’école selon le modèle supérieurs/inférieurs.

Mrs TrunchbullÀ partir de ce présupposé, l’adulte-jardinier prend le pas sur l’adulte-gendarme. Pour l’enfant, le message est fort: il n’est pas écrasé; sa parole a la même valeur que celle des adultes; une communication est possible. Par conséquent, il y a de l’écoute, des échanges possibles et des mots mis sur des émotions.

peace 2Un des outils présents dans de nombreuses écoles Montesori est une « table des négociations » (ou « peace table »). On apprend aux enfants qu’en cas de dispute, cette table est l’endroit qui peut les aider à se reconnecter à eux-mêmes, puis à l’autre. Les deux enfants s’asseoient l’un en face de l’autre. Celui qui prend la parole met une main sur son coeur et l’autre sur la table et exprime ce qu’il ressent. L’autre l’écoute jusqu’au bout, puis prend la parole à son tour. Le but étant de se rendre compte de l’impact de ses actions sur l’autre et ensemble de trouver une solution à un problème. Je n’ai pas encore rencontré d’enfant insensible au chagrin d’un autre enfant, une fois la colère vite dissipée…

FREINET

Freinet avec ses conseils de classe participe de la même logique. Chaque membre de la classe est traité à égalité et avec respect.

Une fois par semaine, la classe se réunit avec le professeur en cercle. Un responsable est chargé de dresser l’ordre du jour puis chacun s’exprime librement. Conflits, projets, organisation du travail, gestion des repas, tout est abordé, écouté, traité en commun. Des idées émergent visant à mettre fin à des tensions, à réorganiser les tâches quotidiennes, etc. Bref, chez Freinet, l’apprentissage de la démocratie et de la pensée construite, argumentée me plaît énormément. Se confronter à l’autre, prendre la parole, négocier, s’interroger sur ses réactions, ses propos, se remettre en question, réfléchir, créer, proposer des idées, tout cela constitue des aptitudes qui ne sont rien moins que des instruments de paix pour le citoyen qu’il soit un enfant ou un adulte.

Le temps de parole du matin (ou « quoi de neuf ? ») est aussi un aspect de cette pédagogie que j’apprécie énormément. Il permet à chacun de s’exprimer rapidement sur un petit événement familial, un livre lu la veille et apprécié, un fait divers entendu et pas forcément bien compris. Cela peut aussi être une occasion pour présenter un petit travail créatif. Pour plus de détails, allez faire un tour par ici.

REGGIO EMILIA APPROACH

L’approche Reggio Emilia, elle, est née en Italie dans la région qui porte ce nom, dans les années qui ont suivi la fin de la seconde guerre mondiale. Un groupe de parents a pris l’initative de créer une école pour leurs enfants en en faisant un lieu qui ne miserait plus sur l’obéissance aveugle (menant aux dérives que l’on connait) mais sur la construction et le développement d’une pensée critique. Quoi de plus essentiel comme vecteur de paix que d’apprendre à penser !

Loris Malaguzzi s’est rapidement intéressé à cette initiative et c’est à lui que nous devons le développement des crèches et écoles Reggio Emilia ainsi que ce merveilleux poème des 100 langages de l’enfant qui montre toute la richesse intrinsèque de l’enfant et pointe si justement qu’il possède une multitude de moyens de communication. À nous, adultes, de les observer suffisamment pour comprendre, décoder leurs façons de s’exprimer et leur fournir ce dont ils ont besoin  pour satisfaire leur besoin de dire, faire, créer.

The child

is made of one hundred.

The child has

a hundred languages

a hundred hands

a hundred thoughts

a hundred ways of thinking

of playing, of speaking.

A hundred always a hundred

ways of listening

of marveling of loving

a hundred joys

for singing and understanding

a hundred worlds

to discover

a hundred worlds

to invent

a hundred worlds

to dream.

The child has

a hundred languages

(and a hundred hundred hundred more)

but they steal ninety-nine.

The school and the culture

separate the head from the body.

They tell the child:

to think without hands

to do without head

to listen and not to speak

to understand without joy

to love and to marvel

only at Easter and at Christmas.

They tell the child:

to discover the world already there

and of the hundred

they steal ninety-nine.

They tell the child:

that work and play

reality and fantasy

science and imagination

sky and earth

reason and dream

are things

that do not belong together.

And thus they tell the child

that the hundred is not there.

The child says:

No way. The hundred is there.

L’enfant

est fait de cent.

L’enfant a

une centaine de langues

une centaine de mains

une centaine de pensées

une centaine de façons de penser

de jouer, de parler.

Une centaine, toujours une centaine de

des moyens d’écoute

de s’émerveiller de l’amour

une centaine de joies

pour le chant et la compréhension

une centaine de mondes

à découvrir

une centaine de mondes

à inventer

une centaine de mondes

à rêver.

L’enfant a

une centaine de langues

(Et plusieurs centaines d’autres)

Mais ils en volent 99.

L’école et la culture

séparent la tête du corps.

Ils disent à l’enfant:

de penser sans les mains

de faire sans la tête

d’écouter et de ne pas parler

de comprendre sans joie

d’aimer et d’admirer

seulement à Pâques et à Noël.

Ils disent à l’enfant:

de découvrir le monde déjà là

et de la centaine

ils volent 99.

Ils disent à l’enfant:

que le travail et le jeu

la réalité et la fantasme

la science et l’imagination

le ciel et la terre

la raison et le rêve

sont des choses

qui ne vont pas ensemble.

Et ainsi, ils disent à l’enfant

que les cent ne sont pas là.

L’enfant dit:

Pas du tout. Les cent sont là.

Pour résumer l’intérêt de cette pédagogie pour ce sujet de l’éducation à la paix, voici une phrase d’Émilie Dubois, extraite de cet article:

« Cette démarche est principalement basée sur le respect des droits et des potentialités des enfants qui sont considérés comme citoyens d’aujourd’hui et non comme acteurs de la société de demain. »

En leur accordant ce statut de citoyen très tôt, ils se construisent et s’habituent à agir en tant que tel au quotidien et durant toutes leurs années d’enfance et d’adolescence. Arrivés à l’âge adulte, il n’y a pas de rupture, de confrontation au monde brutal de la réalité. Il n’y a pas de monde « bisounours » et de monde atroce. Ils vivent dans une continuité citoyenne qui participe d’une logique de paix. On n’apprend pas à être un citoyen à 18 ans !

Il y aurait bien d’autres pédagogies dont certains aspects favorisent la paix mais j’ai fait le choix de ne parler, ici, que de celles dont j’ai fait personnellement l’expérience, pendant plusieurs années.

2. Et dans notre petite famille, quelle forme prend l’éducation à la paix ?

Éduquer à la paix

Observer ce que sont nos enfants.

Accepter qui ils sont au lieu de vouloir en faire ce que nous aimerions qu’ils soient.

Mettre en pratique les enseignements du chevalier des temps modernes.

Verbaliser les émotions de chacun.

Respecter le temps de retour au calme personnel de chacun après s’être emporté (isolement dans un lieu rassurant, câlin, respiration, visualisation d’une chose, d’un endroit agréable et donc apaisant).

Avoir à disposition une boîte sensorielle pour mieux gérer ses émotions négatives.

La colère étant une émotion seconde, identifier avec l’enfant le besoin qui n’a pas été satisfait et qui a engendré, en émotion première, tristesse, frustration, incompréhension,… Chercher et trouver ensemble des solutions.

Des petits conseils de famille, à la manière de Freinet, pour faire le point de temps en temps sur notre fonctionnement. Dire, chacun son tour, ce qui va et ne va pas. Analyser ensemble ce qui est dit et résoudre les problèmes pour avancer plus sereinement.

Passer du temps (de qualité !!!) avec ses enfants me semble être l’élément le plus important de cette liste.

Dans la « Blue House », il y a donc beaucoup d’amour, de tendresse, d’empathie, de câlins; il y a aussi des colères, des cris et des larmes, parfois, (de moins en moins souvent) parce qu’on apprend à être parents autant que l’enfant apprend à grandir. Ces moments-là ne durent jamais longtemps et sont très rapidement suivis de mots qui expriment ce qui a engendré la colère et les solutions à mettre en place d’un commun accord pour régler la cause du problème.

Si chacun acceptait de faire sa part, chaque jour, à son échelle, j’ai la conviction que notre monde irait lentement mais sûrement vers un monde de paix. Pourquoi ? Parce que ce travail d’éducation positive et bienveillante donne à l’enfant la place qui doit être la sienne dans la société dès son plus jeune âge. Il se sent ainsi respecté pour ce qu’il est et non pour ce qu’il doit paraître. Il reste ainsi connecté à sa nature profonde et à ses envies. Son potentiel peut se développer pleinement de manière harmonieuse. C’est vers la liberté qu’il se dirige !

Suite aux atrocités commises à Paris vendredi dernier, j’ai vu beaucoup plus d’unité et de solidarité que de haine. Cependant, la colère affleure dans pas mal de commentaires. Je la comprends et moi-même ai du mal à la réfréner mais des réactions de ce genre sont sanguines et annihilent complètement tous les instruments de la paix que sont la bienveillance, l’empathie, la raison. Laissons les services compétents faire leur travail de justice nécessaire. Notre rôle de parent est ailleurs.

Encore une fois, faisons notre part, dans la sphère qui est la nôtre, à savoir: nos propres enfants, notre conjoint,  nos voisins, amis, notre quartier. C’est un travail de longue haleine, une course d’endurance, un engagement de chaque instant. C’est le seul qui portera des fruits sains sur le long terme. Pour reprendre les mots si justes de Dominique de Villepin:

La haine engendre la haine, la guerre nourrit la guerre.

La culture, l’imagination, la créativité, la pensée critique, l’intelligence émotionnelle seront nos meilleures armes contre la barbarie.

Séance lecture avec papaLisons quotidiennement avec nos enfants pour partager un moment avec eux et pour leur offrir des références culturelles qui leur serviront de nourriture intellectuelle: une bonne façon de leur construire des barrières contre la bêtise et les pensées indigentes.

Laissons la voiture le plus souvent possible et marchons ou pédalons ensemble pour nous rendre aux clubs sportifs de nos enfants.

C’est fou tout ce que l’on se dit sur le chemin ! Et, en plus, ça fait prendre l’air et ça, le cerveau aime bien.IMG_5127Laissons-les inventer, créer, imaginer sans mettre notre grain de sel ! À chaque fois que je suis parvenue à retenir mon côté un tantinet directif, j’ai été surprise et réjouie de leurs dessins, de leurs peintures, de leurs constructions de Lego, de leurs histoires en plusieurs chapitres ! Tout cela participe de l’ouverture d’esprit et de la confiance en soi: 2 aspects du développement personnel qui jouent aussi un rôle important dans le processus de construction d’un monde meilleur.

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Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Ne minimisons pas l’importance de nos actes, de nos comportements au quotidien.

Travailler au bonheur et à la liberté des miens pour contribuer, à mon échelle, au bien de l’humanité, voici mon projet ambitieux de maman.

3. Mes blogs préférés

Pour ce faire, je me nourris d’ articles issus des blogs suivants:

apprendre à éduquerApprendre à éduquer

Éducation Joyeuse

Éducation joyeuse

(ainsi que sa page Facebook sur laquelle les posts sont passionnants et très riches)

Anti-déprime.com

les super parentsLes supers parents

4. Nos livres

 

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