De l’importance d’observer la nature pour nourrir l’esprit des enfants.

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Le mois dernier, le titre d’un article en anglais m’a interpellée : « Children don’t do Autumn, they do kicking leaves… » Ce qui pourrait être traduit par : Les enfants apprennent plus sur l’automne en tapant dans les feuilles qu’en travaillant autour d’un « projet sur l’automne ».

Même si je ne suis que partiellement d’accord avec l’article, ce titre a continué de m’accompagner, tout au long de cette saison, fort propice aux activités manuelles et créatives.

L’observation pertinente de David.

Une réflexion de mon mari est allée dans le même sens que l’esprit de cet article. En découvrant un coin « automne » dans notre salle d’apprentissages, qui commence à être de plus en plus réduite par les livres et autre matériel, il m’a dit: « Mais en quoi est-ce nécessaire ? L’automne, c’est dehors que ça se passe. C’est dehors que Thomas et Théodore vont observer et comprendre les caractéristiques de cette saison. » Hum…Ce n’est pas faux. C’est même une évidence. La table des saisons et les activités créatives restent d’excellentes idées mais j’ai réalisé qu’elles occupaient plus de la moitié de notre temps d’étude et de jeux. Mon côté « rat de bibliothèque et cocooning » l’emportait trop sur les réels besoins de mes 2 garçons.

La pédagogie Charlotte Mason via Petits Homeschoolers

À cela sont venus s’ajouter les articles du blog de Petits Homeschoolers sur la pédagogie Charlotte Mason, pédagogie faisant une large place à la nature dans le quotidien de l’enfant. Plusieurs heures passées à l’extérieur à jouer, observer, dessiner apportent bien plus de connaissances sur l’automne que toutes les activités craft et les documentaires sur ce « thème » ! Nous nous sommes donc mis à passer les 3/4 de notre temps dehors et le 1/4 restant, à la maison. Outre les bienfaits liés à la dépense d’énergie, absolument vitale pour eux (si on veut éviter le phénomène lions en cage et ses conséquences néfastes sur la maison ET nos bonnes relations 😉  ), j’ai pu constater ceux que ces moments supplémentaires passés en extérieur ont eu sur leur imagination, leur capacité d’observation et leurs interrogations menant à des recherches ultérieures (à la maison et à la bibliothèque).

L’influence scandinave de la « forest school »

Une des phrases préférées de la directrice de la pre-school Montessori où mon cadet est allé durant un an et demi est la suivante:

« Il n’y a pas de mauvais temps; il n’y a que de mauvais vêtements. »

Mon aîné, du haut de ses 4 ans,  m’avait fait une remarque qui illustre parfaitement cette phrase, lorsque j’avais répondu non à sa demande de sortir alors qu’une pluie fine tombait sans discontinuer et que la température extérieure était plus proche des 5ºC que des 30ºC.

Thomas – « Maman, tu as un imperméable ?

Moi – Oui.

Thomas – Tu as des wellies (bottes en caoutchouc) ?

Moi – Oui.

Thomas – Tu as un bonnet et une capuche ?

Moi – Oui.

Thomas – Tu as des gants ?

Moi – Oui.

Thomas – Alors, on peut sortir !

Moi – …Euh…Oui, tu as raison ! »

À cette époque, il participait au « programme forest school » de Reflections Nursery, inspiré de l’approche scandinave. Tous les jeudis matins, il partait en mini bus avec son groupe de copains et 3 éducateurs. Destination : une forêt voisine. L’aventure commençait ! Et ce, par tous les temps: pluie, neige, soleil, brouillard. Le seul élément empêchant une sortie était le vent, pour des raisons de sécurité évidentes. Thomas ne voyait donc aucune raison valable (pour lui !) de rester à l’intérieur.

Ce sont souvent, nous, adultes qui faisons perdre ce goût de la nature aux enfants car il nous est plus difficile, en particulier, en automne et en hiver, de sortir affronter la pluie et le froid. Une boisson bien chaude et un bon bouquin au coin du feu semblent plus attractifs. Les jeux vidéos et la télé trouvent, alors, tout naturellement leur place dans le quotidien des enfants. Solution de facilité pour les adultes et effets néfastes sur les enfants, à mon humble avis. J’ai observé les enfants lors de ces séances de forest school et mes enfants, lorsque nous sommes dehors. Ces expériences apportent, à chaque fois, leur lot d’histoires, d’entraide, de problèmes à résoudre (comment faire tenir notre cabane debout ?), de communication à établir entre plusieurs membres du groupe (pas toujours facile !), etc…Et qu’il est apprécié, en automne, ce moment où l’on regagne le foyer chaud et chaleureux, après un moment passé dehors ! Le goûter prend une toute autre dimension. Bon, ceci dit, l’hiver et son cortège de longues nuits vont nous obliger à refaire du 50/50, voire même du 75/25 mais on profitera de chaque minute de lumière durant les week-ends, pour renverser la tendance !

Des exemples concrets de notre automne au contact de la nature

1. Observer en direct le brame (ou raire) des daims mâles dans le magnifique parc naturel de Petworth fut un moment magique pour toute la famille (ici et ici). Et en plus d’être une expérience extraordinaire, voici la liste des bénéfices et des apprentissages implicites:

19.10.2014 - Petworth (16)

– nourrir l’imaginaire des enfants en faisant semblant d’être les daims mâles, en période de rut (ici).

– différencier le daim de la daine. Enrichir le vocabulaire: daim, daine, faon.

– apprendre à reconnaître le son très particulier, émis par le mâle, durant cette période (râle guttural ressemblant à celui du cerf mais en moins impressionnant). Enrichissement du vocabulaire (encore !): le raire, le brame.

– apprendre ce qu’est le rut et savoir le situer dans le temps (octobre-novembre).

– manipuler un appareil-photos pour figer ces moments, ce qui permet d’en reparler plus tard ensemble et d’échanger sur ce sujet avec les copains.

– servir de modèle à des dessins qui viendront s’insérer naturellement dans le cahier de nature.

2. Jouer, ramasser, observer, peindre les feuilles mortes.

Feuilles d'automne– se rouler dans les feuilles d’automne qui craquent amène forcément à se poser la question du « pourquoi cette feuille craque-t-elle alors que celle qui est verte est souple, et ne fait pas de bruit quand je marche dessus? ». Et hop, le cycle de vie de la feuille est intégré !

– s’interroger sur le nom de l’arbre à qui appartient telle ou telle feuille. Et là, ça se complique un peu pour la piètre botaniste que je suis. Heureusement, la bibliothèque regorge de livres pour répondre à ces interrogations !

– intégrer naturellement les couleurs typiques de l’automne.

– créer de jolis mandalas.

 

– utiliser des matériaux naturels et qui ne coûtent pas un centime comme support pour peindre, pour fabriquer des bonshommes ou des créatures imaginaires, pour garnir les paniers de la « marchande », etc…Les feuilles mortes, les brindilles, les glands, les châtaignes, et autres noix sont d’excellentes ressources, accessibles à tous.

3. Les sorties: balades en forêt ou dans de beaux parcs nationaux, le marché, les festivals d’automne…

Autumn festival West Dean (6)

Les promenades au grand air sont un moment précieux où notre cellule familiale est complète et en harmonie. C’est le moment où l’on peut courir sans contrainte, dans des prairies à perte de vue. C’est un moment d’observation intense de la faune et la flore, avec ses instants d’enthousiasme, à la vue d’un cerf ou d’un faisan. La découverte d’une famille de coccinelles sur le marché transforme les courses en un moment magique. Nous, parents, avons alors tout le temps nécessaire pour remplir nos paniers de fruits et de légumes ! La petite cour de notre maison se révèle être un lieu fascinant qui est très apprécié de notre passionné d’escargots. Il y passe entre 1 à 2 heures à les observer. Le festival de la pomme à Westdean fait partie de ces sorties où nos enfants ont appris beaucoup sans s’en apercevoir: écouter un orchestre loufoque et néanmoins impressionnant, jouer Star Wars avec pour instruments des légumes, valait le détour. Notre cadet, une semaine plus tard faisait semblant de jouer de la trompette, dans la forêt avec une carotte trouée en divers endroits et en imitant parfaitement le son entendu sur ce festival. Ce fut aussi l’occasion de découvrir le large éventail des variétés de pommes, d’écouter un conteur merveilleux au pied d’un arbre, de jouer dans un tipi (nous qui étions en plein dans l’exploration de l’Amérique et des Amérindiens, voilà qui tombait à point nommé!), de manger pour la première fois, pour mon aîné, une vraie pomme d’amour (« toffee apple », en anglais) maison, de tirer à l’arc et de jouer aux trois petits cochons. Et oui ! Dans le grand parc, il y avait une cabane en bois, une cabane en briques et…pas de cabane en paille. Qu’à cela ne tienne, le grand arbre ferait office de maisonnette en paille. Bref, un vrai moment de unschooling !

Et puis, parce que des images valent autant que de longs discours, en voici quelques-unes.

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2 commentaires

    1. Merci Isa Lise ! Ces grandes marches en forêt ou en pleine nature m’ont manqué, l’automne dernier. Mes petits sportifs sont tombés dans la potion magique du rugby (et de la gymnastique) pour l’un, du foot, pour l’autre. Les week-ends sont donc complets. J’attends avec impatience la fin de la saison de foot et de rugby, début avril. 🙂

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