Avant bébé…

La vie de couple avant un bébé

Avant bébé, il y a l’insouciance de la vie à deux. Il y a les sorties ciné, les restos impromptus, les soirées tardives entre copains, les week-ends improvisés à la dernière minute, la possibilité de la (des ?) grasse mat’, les vacances de 15 jours avec pour seul bagage une valise cabine.

Bref, je pourrais rallonger la liste mais je pense que vous avez déjà une vue d’ensemble de la période « avant bébé ».

Ce temps centré uniquement sur le couple est précieux. Il permet de renforcer les liens amoureux, de prendre du temps pour réfléchir au projet de vie du couple. C’est un temps à vivre pleinement et intensément pour ne pas ressentir de frustration lorsque bébé est là et qu’il occupe beaucoup d’espace.

A vous, donc, (selon vos envies et vos moyens) les destinations lointaines et les décalages horaires indécents. A vous, les sorties ciné, les expos, les restos, les balades bras dessus, bras dessous en forêt, en montagne, à la mer. A vous, les séances de sport régulières, la journée farniente dans le jardin ou l’après-midi cocooning sous la couette devant vos séries préférées en streaming. ENJOY +++++ !

Face à ce tableau paradisiaque se pose (s’oppose ?) la question :

Pourquoi un bébé ?

En ce qui me concerne, la réponse immédiate fut : pour donner la vie ! Pour vivre cette joie immense et cet honneur d’élever un petit être jusqu’à l’âge adulte. Ce qui élimine donc d’emblée les réponses suivantes qui, à mon sens (et cela n’engage que moi !), peuvent être lourdes de conséquences pour l’enfant à venir :

  • Pour ressouder le couple qui bat de l’aile (L’enfant à venir ne viendrait donc pas au monde pour ce qu’il EST mais pour RÉPARER le couple ? Il porte d’emblée un sacré poids sur ses frêles épaules. Si, en plus, le couple se sépare malgré sa venue, quel message reçoit ce bébé ? Un message d’échec !)
  • Pour combler un vide, un manque (de l’ennui au vide laissé par la disparition d’un enfant précédent ou d’un être cher). Là encore, l’enfant ne vient pas au monde pour lui-même mais pour réparer, combler, réconforter. Il a d’emblée une mission à accomplir. Je ne peux m’empêcher de trouver ce « projet-sens » lourd et peu respectueux pour l’enfant à venir.
  • Pour s’inscrire dans « la norme » (Eh oui ! N’en déplaise aux partisans de nombreuses religions, je suis d’avis que l’épanouissement du couple ne passe pas forcément par la création d’une famille ! On peut créer sans procréer ; être épanouis sans enfant, sans pour cela être égoïstes ou egocentrés !).

 

Bien ! Maintenant, jouons à se faire « l’avocat du diable », juste pour vérifier si cet engagement sur la voie de la parentalité rime avec responsabilité. Pourquoi cette parenthèse ? Parce que trop d’enfants sont victimes d’adultes qui ne se sont a priori pas posé les questions qui vont suivre (et que ça m’horripile autant que ça m’attriste !).

 

  1. Suis-je, en tant que futur père et en tant que future mère, un adulte psychologiquement équilibré ?

Si mon passé familial, par exemple, est porteur de schémas néfastes, de connotations négatives, de non-dits, ai-je procédé à un « grand nettoyage intérieur » ?

Nombreuses sont les méthodes pour faire le point sur soi-même et sur ce que l’on va transmettre à ses futurs enfants. Pour ma part, ce fut une analyse de type éricksonnienne (14 séances étalées sur 9 mois) associée à des séances de réflexologie. Quelle que soit la (ou les) méthode choisie, il convient qu’elle procède à un travail en profondeur, de manière à identifier les « racines du mal ». A ce titre, le livre d’Arianne Seccia-Boulanger (Message d’une sage-femme pour une naissance libre – Les peurs de la grossesse et de l’accouchement) est, pour ma part, un compagnon de route précieux que j’aurais aimé découvrir pendant ma grossesse. Mais même des années après la naissance de mes enfants, cet ouvrage reste un de mes livres de chevet.

 

  1. Suis-je prêt(e) à prendre la responsabilité d’accompagner un enfant comme il le mérite, de sa conception à la fin de ma vie ?

Ce qui implique la prise en compte du handicap, de la maladie, des quatre cents coups potentiels de l’adolescence, et j’en passe. Pour reprendre une citation d’Alexander Neill

« Le bonheur et le bien-être d’un enfant dépendent du degré d’amour et d’approbation qu’il reçoit. Nous devons être de son bord. Etre de son bord, c’est lui donner l’amour […] qui consiste à se conduire avec l’enfant de façon qu’il sente qu’on l’aime et qu’on l’accepte. » (in Libres enfants de Summerhill)

Etre prêt à accompagner son enfant quel qu’il soit et quoi qu’il fasse est la marque du parent qui a compris la signification du mot parentalité. Concernant la maladie et le handicap, les deux livres d’Anne-Dauphine Julliand (Deux petits pas sur le sable mouillé et Une journée particulière) m’ont profondément touchée et ont ouvert des perspectives.

 

  1. Suis-je prêt(e) à supporter des nuits sans sommeil pendant plusieurs mois ?

Bien évidemment, le bébé qui fait ses nuits immédiatement ou assez vite existe. De même que celui qui rentre dans la moyenne des 3 ou 4 mois n’est pas rare. Mais quid de celui qui ne correspond pas à ce modèle ? Mon premier enfant a fait ses nuits à 9 mois et demi ; mon second a pulvérisé allègrement le record de son frère avec ses premières nuits à 3 ans (et encore, la nuit se terminait à 6h !). Même en étant préparée à cette éventualité, n’ayant naturellement pas besoin de beaucoup d’heures de sommeil (6 heures) et ayant une patience extensible, cette expérience des nuits sans sommeil, sur du long terme, m’a profondément marquée.

 

D’autres questions mériteraient d’être posées mais il appartient à chacun d’en mesurer l’importance. Elles concernent la réorganisation de sa vie avec l’arrivée de bébé, le travail, l’aspect financier, le logement, etc.

A ce titre, le « quizz-test » proposé par le professeur René Frydman, dans son livre Devenir père, peut s’avérer intéressant.

 

Après toutes ces interrogations et ces vérifications, vous vous sentez prêts pour passer de deux à trois ?

 

Le grand saut dans la parentalité !

 

Alors, c’est parti ! Vous n’avez pas fini d’en apprendre sur vous-même au fur et à mesure que vous découvrirez votre enfant. C’est un long et beau chemin qui s’annonce. Parfois il sera semé d’embûches, parfois il sera rempli de moments de plénitude ; parfois il y aura de grands moments de découragement et souvent vous vivrez intensément le bonheur d’accompagner votre enfant du mieux possible.

 

J’aime cet extrait du livre d’Arianne Seccia-Boulanger :

Nous nous devons d’offrir à nos enfants une naissance digne et un accueil en rapport avec ce qu’ils sont. Notre devoir de parents ou d’accompagnant est de préserver à tout prix, l’intégralité des capacités qu’ils portent en eux. 

 

Happy parenting à tous !

L’article en 5 points :

  • Profiter de sa vie à deux.
  • Se poser la question : pourquoi un bébé ?
  • Etre prêt à changer de vie sans frustration aucune.
  • Procéder à un « grand nettoyage psychologique », si nécessaire.
  • Accueillir son bébé dans l’amour et la sérénité.
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